Gazéification du libéralisme

La gazéification du libéralisme est un processus politique général survenu à partir des années 1960 en Occident, qui a eu une influence considérable sur l’évolution du féminisme. La gazéification du libéralisme consiste en un phénomène d’expansion des valeurs et normes libérales en Occident conjointement à un processus de disparition des discours politiques solidement libéraux. En d’autres termes, le libéralisme s’est diffusé largement, mais sous des formes inconsistantes, non structurées idéologiquement, sans bannière, et sans référence à son contenu dextriste.

Gazéification du libéralisme et sinistrisation de la vie publique

Le processus de gazéification du libéralisme est intimement lié à la sinistrisation de la vie publique et au déni de la tripartition du politique. Le monde des idées politiques occidentales se divise en trois quêtes principales : l’égalité (quête motrice de la gauche), la liberté (quête motrice de la droite) et l’ordre moral (quête motrice du conservatisme). A partir des années 60-70, le libéralisme, c’est-à-dire la doctrine structurante de la droite, s’est diffusé dans la société tandis que la droite a échoué à exister politiquement. Le camp gauchiste et le camp conservateur ont occupé la totalité de la scène politique, à tel point que « droite » est devenu synonyme de conservatisme malgré l’essence antilibérale du conservatisme. Le libéralisme social et politique n’a trouvé d’expression politique qu’au sein de la gauche libertaire, dont l’agenda est pourtant lui aussi fondamentalement antilibéral.

Conséquences de la gazéification du libéralisme sur l’évolution du féminisme

L’absence de solidité politique de la sensibilité libérale a contraint les féministes à s’inféoder à la gauche, puisqu’elles n’avaient face à elles que les conservateurs (libéraux économiquement mais farouchement antilibéraux sur le plan social) et la gauche (antilibérale dans tous les domaines, mais accueillante envers divers mouvements libertaires à condition que ceux-ci se soumettent à l’agenda égalitariste). Les féministes ont donc ainsi dû modifier leurs discours libéraux pour se plier aux exigences égalitaristes de la gauche. Il en résulte un phénomène de marranisme féministe et d’incessantes accusations de duplicité. Pour conquérir des libertés pour les femmes, les féministes tâchent de convaincre la gauche qu’il s’agit là d’une avancée pour l’égalité. Malgré ces efforts d’adaptation à la rhétorique dextriste, les féministes sont accusées par divers mouvements égalitaristes de nuire à l’égalité. Les antiracistes accusent les féministes d’islamophobie, les communistes accusent les féministes d’être à la solde du capitalisme, et les masculinistes estiment que le congé maternité, le soutien croissant aux victimes de viol et la pension alimentaire sont des privilèges féminins plaçant les hommes en infériorité.

Parmi les conséquences de la gazéification du libéralisme sur l’évolution du féminisme occidental, on peut citer :

  • le patronnage : dépendance organisationnelle du féminisme à l’égard de la gauche
  • le corpofémisme
  • la prise en otage sinistriste du féminisme
  • l’absence de féminisme de droite structuré
  • la vulnérabilité au lobbying oecuménique
  • l’inclusivité excluante
  • le chantage caporalique
  • la tyrannie horizontaliste
  • les accusations de collaboration islamique
  • l’enfermement dans l’ésotérisation d’accaparement
  • l’envahissement du féminisme par la rhétorique déconstructionniste

Il est extrêmement difficile pour tout mouvement féministe de se prémunir contre ces dérives, car les féministes sont acculées à la soumission à la gauche, étant donné que la seule autre option est le conservatisme, qui est intrinsèquement hostile au féminisme et recherche explicitement la destruction du féminisme. L’occidentalisme et le féminisme occidentaliste sont la première tentative sérieuse de structurer idéologiquement la droite autour de sa colonne vertébrale libérale, sans aucune compromission avec le conservatisme.

 

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