Criminalisation des viols commis sur les hommes

La criminalisation des viols commis sur les hommes est une évolution de la loi française obtenue en 1980 grâce à la mobilisation des féministes.

La reconnaissance des viols commis sur les hommes, une évolution récente du code pénal français

Ce n’est qu’en 1980, sous la pression des associations féministes françaises, que la définition du viol a été modifiée dans le code pénal. Cette nouvelle définition a entre autres permis que les viols commis sur des hommes soient reconnus comme des crimes et jugés comme tels.

« Depuis l’adoption du code pénal de 1791, le viol relève des infractions les plus graves contre les personnes. Cependant, les victimes ont peiné à le faire reconnaître devant les tribunaux. Longtemps, la définition juridique a cantonné le viol au coït vaginal pénien “d’une femme qu’on sait ne point consentir”. En 1978, l’association Choisir la cause des femmes et l’avocate Gisèle Halimi font connaître l’affaire de deux femmes victimes d’un viol en réunion alors qu’elles campaient sur une plage. Le procès d’Aix-en-Provence débouche sur la loi de 1980, qui met fin à la référence au consentement pour privilégier les circonstances de son absence — “violence, contrainte, menace ou surprise” — et élargit le viol à tout acte de pénétration — buccale, anale, digitale ou avec objet —, ouvrant la voie à la reconnaissance du viol des hommes. » 1Sophie Boutboul, « Quand le viol n’est plus un crime », Le Monde diplomatique, novembre 2017 (lire en ligne)

Le rôle prépondérant des féministes

Sans la mobilisation des associations féministes telles que Choisir la cause des femmes et de grandes figures du féminisme comme Gisèle Halimi, la définition légale du viol en France aurait continué à exclure les victimes de sexe masculin. En militant pour que le viol soit reconnu comme un crime et que ce crime soit défini par « la violence, contrainte, menace ou surprise » quel que soit le type de pénétration (plutôt que par la pénétration d’un vagin par un pénis), les féministes ont donc oeuvré à la criminalisation des viols commis sur les hommes.

Plus généralement, ce sont les féministes qui ont fait du viol un sujet politique et qui ont brisé les tabous autour des violences sexuelles. Aucune autre force politique sur terre n’a autant contribué que les féministes à la lutte contre les violences sexuelles. Alors que les féministes sont le seul camp politique à s’être préoccupé des viols commis sur les hommes et à avoir permis des progrès dans la reconnaissance de celles-ci, les masculinistes emploient fréquemment le pseudologisme de la fausse préoccupation accusant les féministes de ne pas s’intéresser aux violence sexuelles commises sur des hommes.

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Notes et références

Notes et références
1 Sophie Boutboul, « Quand le viol n’est plus un crime », Le Monde diplomatique, novembre 2017 (lire en ligne)
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